Malaak Shabazz, la fille du leader noir américain Malcom X, a participé dimanche 08 mai 2011, à Nantes, à la 6e marche des esclaves. «Il est important qu’une telle marche se déroule à Nantes qui a tenu un rôle prépondérant dans la traite négrière» a-t-elle déclaré.
« Il est important de prendre part à cette marche, c’est notre devoir, pour nous-mêmes et encore plus pour nos ancêtres a qui nous payons ainsi le tribut de l’honneur et du respect.», explique Dowoti Desir, présidente de l’observatoire des mémoriaux de l’esclavage et de la mise en œuvre de la Déclaration du plan d’action de Durban, car « les mémoriaux sont aussi faits de chair et de sang ».
Cependant, comme l’ont fait remarqué plusieurs journaux locaux et nationaux cette initiative du collectif n’était pas du goût de tout le monde. Des tensions sont ainsi apparues entre les associations organisatrices membres du Collectif du 10 Mai et la mairie de Nantes. Pour cette raison, Nous présentons la majeure partie de la conférence de presse qui s’est tenue au Bandja le 05 mai 2011.
Dans un premier temps, les invités ont été présentés au public présent à la conférence de presse par Dia Alihanga et Peter Lema, référent principal du Collectif du 10 Mai initiateur de la marche des esclaves, évènement pour lequel Malaak Shabazz, fille de Malcolm X était reçu en ce jour à Nantes. Cette manifestation devait ultérieurement être l’occasion de l’organisation du cogrès de Nantes, au cours duquel décision fût prise de réclamer l’abrogation des bulles papales éditées par le vatican et ayant rendu licite le commerce négrier par une déshumanisation symbolique de l’africain et du nègre en général.
Soulignant l’importance que revêt cet évènement dans le cadre du travail de mémoire devant être réalisé tout à la fois dans une optique d’auto-rééducation et d’éducation des génération futures, les invités ont rappelé l’importance de cette démarche du point de vue spirituel : cette marche doit être l’occasion de manifester l’honneur et le respect dû à nos ancêtres victimes de cette tragédie qu’à été la traite négrière. Pour Dowoti Désir, cette marche permet à toutes les personnes ayant l’histoire de l’esclavage en héritage de réaliser le travail psychologique par lequel nous pourront ensemble nous engager dans un processus thérapeutique collectif.
Malaak Shabazz a quant à elle rappelé l’importance que son père et sa mère accordaient à l’éducation dans l’émancipation d’un peuple opprimé. Aussi, bien que pour certains, cette démarche puisse paraitre subversive, excessive, Peter Lema comptant parmi les organisateurs de la marche des esclaves au sein du Collectif du 10 Mai a rappelé que cette manifestation s’inscrivait dans un travail de rééducation et d’éducation collective plus grand qui, dans la mesure où il n’est pas assumé par les autorités de la Ville de Nantes, doit être pris en charge par les citoyens ressentant une rupture avec les institutions politiques de la Ville, du pays.
Sur ce Dowoti Désir a souligné le fait que cette attitude de la part des autorités politiques Nantes pouvait sembler anecdotique mais qu’elle était en réalité symptomatique d’une attitude plus généralisée qu’elle a définie comme relevant du racisme structurel. “Comment se fait-il que les fonds nécessaires pour organiser les commémorations manquent cette année tant au nations unis que dans les villes telles que Nantes ?” s’est-elle interrogée.
Malaak Shabazz a clôturé son propos en disant que selon elle, chaque citoyen se sentant le droit et le devoir de commémorer devrait se sentir autorisé à la faire sans attendre l’aval de qui que ce soit.
La conférence de presse de nos invités a été le point de départ d’un haletant voyage qui allait conduire les droits de l’homme “noir” du Congrès de Nantes le 07 mai 2011 au Colloque de Paris organisé par l’Unesco le 10 mai 2011 et dont les recommandations feront à n’en point douter date dans l’histoire de la lutte pour l’émancipation des afro-descendants.
ce que je cherchais, merci