« Le son « vrai », comme je le rappelle toujours, ne sors pas seulement des lèvres, mais du corps tout entier. Aristote et Platon ont eu raison d’affirmer que parler, ou chanter, c’est vibrer à l’unisson l’air qui est à l’extérieur avec celui qui est à l’intérieur. Mais cela signifie aussi que le langage ne nous est pas donné d’emblée dans toutes ses potentialités : dominer le langage dans sa totalité ne peut être que la récompense d’une ascèse et d’un long entraînement. Nous avons beaucoup a apprendre des sagesses antiques. Ou plutôt, nous avons à réapprendre, à travers elles, tout l’ancien savoir que nous avons perdu. »
Dr Alfred TOMATIS
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.Le festival panafricain des arts oratoires le NGOZE participe de ce réapprentissage.
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Le NGOZE se veut être une manifestation sociale régulière qui concentre la plupart des rites, des chants et des danses. Une activité cérémonielle marquant le changement de condition humaine d’un individu (processus de libération).
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Son aspect le plus insaisissable se situe au niveau de l’usage éducatif de la pratique vocale et de la musique qui y est fait.
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Il s’agit ici d’une certaine musique capable de mettre l’humain en résonance avec l’univers (avec son univers). Une musique vecteur d’harmonisation, de dynamisation, d’éveil et de créativité, qui commence là même où le mystère s’instaure.
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A l’aide de la musique, la cérémonie du NGOZE, vise donc à élever l’humain jusqu’à sa véritable condition. De sorte qu’après d’âpres luttes et combats intérieurs (c’est-à-dire loin des champs de batailles) pour libérer le meilleur de lui-même, le participant accède au statut de « banzi » (littéralement celui qui a éclos, qui est sorti de sa coque en langue tsogho) et peut dorénavant garder dans le profond de lui-même une paix inébranlable, sans se préoccuper outre mesure des tumultueux courants de tribulations qui perturbent son environnement humain.
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